Deux lieux de culture apparaissent bien distinctement dans la cartographie agraire de l'Uzège :

la plaine, lieu de culture du blé et d'implantation des grands domaines. C'est, d'après Alfred Chabaud, " l'ager de plaine " ;

et les collines, réservoir foncier lors des périodes d'accroissement de la population, lieu de la culture d'arbres (vigne, oliviers, fruitiers) : c'est " l'ager des collines ".

Selon le compoix de 1743, l'ancien "brassier" louant ses bras à des propriétaires terriens est devenu lui-même propriétaire de une ou plusieurs petites parcelles (rarement plus de 1 Ha) dans les territoires les plus incultes, ceux des collines. Ce "travailleur" a aménagé ces parcelles lui-même, aidé de sa famille, pour "améliorer son ordinaire". Au XIXème s., il deviendra laboureur. Mieux loti en superficie il possèdera un attelage de labour avec un mulet ou un cheval.
 

Les parcelles de plus grandes tailles (jusqu'à 5 Ha environ) sont travaillées par des tenanciers vivant de leur terre et des artisans-tenanciers. Ils se louent comme laboureurs auprès des grands domaines pour apporter à la famille un complément de revenu. Au XVIIIème s. les artisans-tenanciers les plus importants sont des cardeurs, tisserands (le pays vit de l'industrie de la laine) et cordonniers.

Au sommet de l'échelle sociale, les marchands, apothicaires et, surtout à Uzès, les hommes de loi propriétaires de terres labourables n'ont de cesse d'agrandir leur propriété autour du mas. Ils possèdent " l'ager de Plaine ". Au XVIIIème s., cette classe dominante prospérera dans la culture de l'olivier dans " l'ager des collines " et , au XIXème s., dans la sériciculture.

Au XIXème s., " l'ager des collines " reste de plus en plus aux mains du " petit peuple des collines " : propriétaires travaillant en famille, cultivateurs, ouvriers d'industrie. Ils continuent la culture de l'olivier.
Les grands propriétaires abandonnent les terres ingrates des collines, occupent " l'ager de plaine ", regroupent leur terre autour du mas et se lancent dans la culture céréalière.