Dans les collines, brassiers et laboureurs défrichent les terres ingrates pour planter quelques oliviers, un peu de vigne, figuiers ou amandiers. Ces " ouvertures ", faites à bras, nécessitent un travail long et pénible. La nature du sol et l'exiguïté des parcelles ne permettent pas l'utilisation de la charrue. Aussi , notaires, bourgeois et marchands dédaignent de faire défricher la garrigue ; les travailleurs au contraire trouvent là un moyen de devenir propriétaires.
Brassiers et laboureurs incendient d'abord la broussaille, extraient souches et racines de la végétation sauvage, puis ameublissent le sol et le débarrassent des pierres. Bien souvent, armés de barre à mine, les brassiers devaient même débiter d´énormes bancs rocheux de surface.

Entassées en bordure de champs jusqu´à former parfois de gigantesques "clapas", ces pierres servaient de matériau de base à la construction des murets d´enclos, des cabanes, puis dès le début du XIX ème s., des masets. A Carrignargues, on peut se rendre compte de l'effort prodigieux auquel ils ont dû se livrer : chaque parcelle est ceinturée de pierres sèches, parfois sur deux ou trois mètres d'épaisseur et plus d'un mètre de haut.

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