Une richesse trop souvent négligée :
A l´inverse du patrimoine "urbain" ou monumental, le patrimoine rural subit bien trop souvent l´oubli des politiques de préservation et de valorisation. A cela, plusieurs raisons :
c´est un patrimoine diffus et composé d´éléments hétéroclites qui souvent sont situés dans le domaine privé ;
il n´a pas de notoriété : en comparaison de monuments ou de sites remarquables qui bénéficient de politiques ou d´initiatives publiques de protection (classement) ;
il n´a pas de "justification" économique. Bergeries, lavoirs, fontaines, moulins, bocages ont perdu de leur vocation économique. Au mieux ils sont délaissés, envahis par le lierre. Au pire ils sont détruits pour laisser place nette aux aménagements nécessités par de nouveaux projets économiques.
Un patrimoine ne jouit d´une véritable protection que lorsqu´il s´inscrit dans un projet économique, soit qu´il s´intègre dans un aménagement nouveau, soit qu´il participe à une politique de développement touristique.
Il renferme tout ce que l´homme a créé ou modelé pour les besoins de ses activités économiques et sociales attachées, directement ou indirectement, au travail de la terre. Il est fait de bâtisses, de constructions, de chemins, de paysages, de coutumes qui, pour une bonne part, ne proviennent pas d´intentions délibérées d´organisateur d´espace, d´aménageur ou de code social. Il se différencie du patrimoine urbain par le fait qu'il est bien souvent le fruit d´initiatives individuelles ou collectives de non-spécialistes (on dirait dans d´autres domaines d´amateurs). Il existe des urbanistes ; il n´existe pas de "ruraliste". Il existe des architectes diplômés ; il n´existe pas de diplômés en abri de berger.
La richesse culturelle d´un pays :
La richessse de ce patrimoine vient de ses diversités. Diversité des matériaux dont disposait l´homme pour bâtir. Diversité des ressources de la terre pour se nourrir. Diversité des ressources naturelles pour assurer son autonomie. Diversité des solutions pour répondre aux besoins de sa survie, puis de l´amélioration de ses conditions de vie. Diversité des croyances pour transcender ses peurs.
Cette richesse est aujourd´hui mise à mal par une uniformisation croissante des modes de vie, des besoins et des ressources. La fameuse "mondialisation". Pourtant il subsiste des témoignages humains et matériels qui laissent entrevoir la vitalité d´un passé pas toujours très éloigné à qui sait regarder.
Une mémoire qui s´évanouit ...
Au fil du temps la nature reprend le dessus, engloutissant irrémédiablement les témoins du passé. La mémoire s´éteint avec la disparition de nos aînés.
... Mais qui peut renaître
par les multiples initiatives locales d´individus, de groupements, d´associations qui travaillent à la redécouverte et à la mise en valeur de ce patrimoine. Aujourd´hui ils collectent, rassemblent, fouillent, recherchent. Ils publient et diffusent des plaquettes, des petits journaux. Avec les moyens du bord, ils font œuvre de salut public en informant autour d´elle pour que ce patrimoine redevienne le bien de tous.
Clapas, murets, enclos abris, cabanes ou capitelles… sont autant de témoignages d´un passé révolu où la pierre sèche structurait le paysage des garrigues gardoises occupées par les activités agraires de l´olivier, la vigne, l´élevage et le charbon de bois. Ils sont les témoins d'un savoir-faire qui tend à disparaître et que quelques acharnés nous font redécouvrir : la construction de pierre sans liant. Plusieurs associations locales ou particulières travaillent à la restauration de capitelles, à la réfection de murs de pierre sèche, à la collecte d'informations ou au balisage de circuits de randonnées pédestres. Certaines associations publient même de petites revues concentrant le fruit de leurs recherches.
L'association Histoire et Civilisation de l'Uzège qui a collaboré à l'élaboration de ce site est l'une de ces associations. Elle organise régulièrement des chantiers de restauration de murs en pierres sèches ou de capitelles. A la demande de particuliers ou de sa propre initiative. Elle participe à de nombreux colloques sur la pierre sèche et est en relation suivie avec le CERAV. Son activité ne se limite pas seulement à préservation de ce patrimoine vernaculaire. Depuis près de 17 ans, elle aide à révéler l'histoire et la préhistoire de l'Uzège avec toute la rigueur scientifique qu'il se doit et la passion de ses bénévoles. Fouilles archéologiques. Visites de châteaux, monuments, expositions, musées, villages. Publication d'un bulletin trimestriel. Nombreux échanges avec des chercheurs professionnels ou amateurs. Etc.
Si vous souhaitez entrer en contact avec ses responsables, vous pouvez soit nous envoyer un mél , soit leur écrire aux adresses suivantes :
Place du Monument
30700 Saint Quentin-la-Poterie
Christiane Chabert
Rue du Temple
30190 Bourdic